L’Homme du verger d’Amanda Coplin

L’Homme du verger d’Amanda Coplin

30139639 A l’aube du XXe siècle, dans une région reculée le long de la côte pacifique des États-Unis, Talmadge prend soin de ses arbres fruitiers. Depuis près d’un demi-siècle, cet homme mène une existence apaisée, rythmée par les saisons des fruits. Jusqu’au jour où deux jeunes filles farouches et abandonnées font irruption dans son domaine… Leur arrivée bouleversera définitivement la vie de ces personnages, les rappelant à leurs douloureux passés.

Les héros de cette histoire sont des êtres abîmés par la vie, une famille complètement recomposée qui essaie tant bien que mal de panser ses plaies. On pense à Thomas Hardy et à sa mélancolie, une mélancolie ici mêlée de tendresse. Talmadge est un merveilleux personnage, à la bienveillance et à l’empathie naturelles. Ermite d’une cinquantaine d’années, son existence douce et solitaire sera à jamais bouleversée par l’irruption soudaine dans sa vie de deux mystérieuses adolescentes, farouches et misérables. Talmadge devra s’armer de patience pour gagner la confiance des jeunes filles et découvrir leur terrible secret.
Le roman pose la question troublante et fascinante des liens du cœur face aux liens du sang. L’homme du verger est un roman multi-genres. A la fois thriller, récit familial, western et récit naturaliste (bercé par les changements de saisons et les récoltes), il repose sur un imaginaire littéraire très fort. Je rêverais de le voir porter à l’écran par un brillant cinéaste car sa lecture évoque des images très fortes. C’est un roman d’une puissance visuelle assez rare.
L’Homme du verger est un roman violent mais poétique, lent mais néanmoins captivant, dont la force réside aussi bien dans la finesse psychologique de ses portraits que dans l’évocation des grands espaces.
Une lecture que je n’oublierai pas de si tôt !

Muse de Joseph O’Connor

Muse de Joseph O’Connor

J’ai terminé ce roman irlandais le week-end dernier et je ne peux que vous le recommander. Ca a été une lecture fabuleuse.


Joseph O’connor le dit lui même dans la postface de son roman. Muse est une œuvre de fiction qui prend souvent d’immenses libertés avec la réalité. L’auteur s’inspire de l’histoire d’amour entre l’actrice Molly Allgood et le grand dramaturge irlandais John Millington Synge pour construire un récit d’une grand force dramatique et narrative.
A Dublin, en 1907, une jeune actrice irlandaise entretient une relation amoureuse tumultueuse avec le célèbre dramaturge Synge. Dans les années 50, une vieille dame, pauvre, arpente les rues de Londres, se remémorant les instants d’une époque plus glorieuse.
Muse est une lecture exigeante, qui s’apparenterait presque à celle d’un poème en prose. L’auteur joue constamment avec la temporalité. Les ruptures de construction, le style lyrique, le langage riche en symboles et en images, la tonalité onirique du récit font de ce roman un texte d’une belle singularité. L’auteur s’affranchit assez largement des codes de la biographie romancée et livre une œuvre sur le fantasme amoureux, la beauté du théâtre et de la comédie mais aussi un hommage vibrant à l’Irlande et à deux de ses plus grands hommes de lettres : Synge bien sûr mais aussi Yeats qui dégage une aura assez incroyable dans le récit.
Le roman, bien que déconstruit et fragmenté, est aussi d’une belle fluidité. Une fois plongé dans l’intimité et l’esprit de son héroïne, on peut facilement se laisser guider et envelopper par le style de Joseph O’connor.
Molly est au cœur d’un récit foisonnant qui reprend la technique du Stream of consciousness. Elle y évoque ses plus beaux souvenirs, des endroits les plus reculés d’Irlande à Dublin, en passant par Londres et New York, sa correspondance avec un homme qu’elle a aimé toute sa vie, son travail d’actrice, sa lutte constante avec les conventions avilissantes de la société.
A travers une journée dans la vie de la vieille Molly Allgood (une temporalité qui doit, encore une fois, beaucoup au théâtre), les souvenirs d’une histoire d’amour ressurgissent.
En prenant ses distances avec la réalité, l’auteur ressuscite la passion qui les a liés pour en tirer une vérité plus grave, plus profonde et aussi sans doute plus universelle. J’ai noté quelques pépites dans un carnet au fur et à mesure de ma lecture, et je pense que je me replongerai dans ce roman à l’occasion. Muse ne se livre pas facilement et pas entièrement dès la première lecture mais quel superbe morceau de littérature !

Le roman est disponible chez Phébus mais aussi en poche chez 10/18.

Le Vent dans les Saules de Kenneth Grahame

Le Vent dans les Saules de Kenneth Grahame

Mr Taupe a quitté sa maison au printemps sur un coup de folie et rencontre près de la rivière Mr Rat qui devient un compagnon indéfectible. Il fait connaissance avec Mr Blaireau solitaire au grand coeur et avec l’extravagant Mr Crapaud dont la dernière lubie : l’automobile va l’amener dans des aventures invraisemblables.

Ce grand classique de la littérature pour enfants a été écrit au début du siècle par Kenneth Grahame en guise de cadeau pour son petit garçon.
C’est un roman qui fait la part belle à l’harmonie, dans presque tous les sens du terme. Il fait l’éloge de l’amitié, de la vie simple de tous les jours ainsi que la multitude des bienfaits de la nature.
Ce livre plutôt naïf d’apparence est empreint d’un charme particulier.
Si on recherche une intrigue et du suspens, on sera sans doute un peu déçu. Comme j’étais déjà prévenue, le livre a su me plaire. J’ai aimé le côté si joliment buccolique de l’ensemble. Parfois j’avais l’impression de lire des petits poèmes en prose mis bout à bout tant les descriptions de la nature, de l’univers dans lequel évoluent Mr Taupe et ses amis, sont merveilleuses. Le récit est à la fois simple et enchanteur, lyrique et délicat.
Le lecteur suit les aventures invraisemblables et rocambolesques de Mr Taupe et ses amis, petits animaux on ne peut plus sympathiques qui affectionnent aussi bien leur confort douillet que les folles équipées.
Un roman à déguster avec un chocolat chaud ou une bonne tasse de thé !