Finding Audrey de Sophie Kinsella

Finding Audrey de Sophie Kinsella

J’ai dévoré ce roman il y a quelques mois et je l’ai trouvé à l’image exacte de sa petite héroïne : sensible et attachant.
Sophie Kinsella délaisse pour un temps la superficialité et la drôlerie (certains diront le ridicule) de sa célèbre série L’accro du shopping pour donner vie à une ado située aux antipodes de la flamboyante Becky Bloomwood et de ses autres héroïnes. Audrey est une jeune fille qui souffre de troubles anxieux depuis plusieurs mois. Elle reste assez discrète sur les raisons de son mal-être. On comprend toutefois rapidement qu’elle a souffert de harcèlement scolaire. Les choses ont du aller loin car les trois jeunes filles responsables ont été renvoyées de leur établissement. Depuis les terribles évènements, Audrey vit recluse et ne quitte jamais sa paire de lunettes noires. Elle ne supporte pas le contact avec les autres, en particulier le contact visuel qu’elle trouve particulièrement oppressant. Elle vit en compagnie de sa mère (poule) et de son père (qui cultive une flegme et une force tranquille qui n’auraient, à mon avis, rien à envier à celles de Mr Bennet), de son frère aîné Frank, accro au jeux vidéos en ligne mais qui est aussi un garçon drôle et intelligent, et de son petit frère de 4 ans, Felix, une petite boule de nerfs rigolote, qui est le seul avec qui Audrey communique avec une parfaite aisance.
Audrey interagit comme elle peut avec les membres de sa famille mais peine à vivre normalement avec son manque de confiance en elle et un sentiment ce culpabilité qui ne la quitte jamais (sa mère a arrêté de travailler pour rester avec elle). La personnalité généreuse, passionnée et un peu angoissée de celle-ci fait parfois des étincelles, surtout lorsqu’elle décide d’interdire à son fils Frank l’accès à son ordinateur. Frank n’a de cesse d’user de toutes sortes de stratagèmes pour tromper son petit monde, au grand désarroi de sa mère mais pour le plus grand plaisir du lecteur qui rit de ses facéties. On s’amuse des petites frasques de cette famille haute en couleurs, qui fait preuve parfois de maladresse mais aussi de beaucoup de tendresse pour venir en aide à Audrey.
Et il y aussi Linus, « le copain de jeux videos » de Frank, un drôle de garçon qui s’intéressera à Audrey et l’aidera peu à peu à sortir de sa coquille, en lui proposant un nouveau moyen de communication. Linus a interprété Atticus Finch, le héros de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, dans une pièce de théâtre à l’école, et depuis, il a une sorte d’aura qui ne laisse pas Audrey insensible. Leur relation est très joliment décrite, car elle est avant tout faite d’échanges.
Sophie Kinsella livre un récit rythmé, inspiré, et très drôle. Il est empreint d’une certaine gravité bien sûr, mais toujours adoucie ou désamorcée par son style alerte, et la sensibilité et la fantaisie de ses héros. C’est vraiment une jolie réussite
Je rêve d’en voir une adaptation maintenant !

A noter que l’édition anglaise comprend 2 marque-pages : 1 à garder et 1 à partager. Je trouve l’idée plutôt sympa.