Lucille, à l’heure gourmande de Gwenaële Barussaud

Lucille, à l’heure gourmande de Gwenaële Barussaud

Dans le Paris de Napoléon III, les aventures de Lucille, arrivée dans la capitale avec sa soeur, l’héroïne de Pauline : demoiselle des grands magasins.

Ce 3ème tome de la saga des Lumières de Paris est encore une fois un excellent cru !  J’ai l’impression de dire ça à chaque fois, à tel point que je serais bien incapable de dire quel est mon tome préféré ou quelle héroïne m’a semblée être la plus attachante. Ici, c’est la jeune Lucille, sœur de Pauline, l’héroïne du 1er tome, qui est mise en vedette. On découvre assez vite et Lucille ne le cache à aucun moment, que la jeune fille est encore plus déterminée et ambitieuse que ne l’est son aînée. Elle est aussi plus spontanée et quoique tout aussi intelligente, moins réfléchie et plus prompte à prendre des décisions qui peuvent lui porter préjudice. Dans la première partie du récit, on apprend qu’elle s’est amourachée, à Dinard, d’un homme qui a trompé sa confiance. Impulsive et passionnée, Lucille risque de se brûler les ailes et de voir ses rêves de travailler un jour à son compte partir en fumée à cause d’une erreur de jugement et d’un égarement sentimental. Lucille est indéniablement une héroïne tout feu tout flamme.
Domestique puis femme de chambre d’une demoiselle de bonne famille, Lucille trouve bientôt un emploi dans un grand hôtel parisien. Elle a largement exagéré ses dons en anglais pour pouvoir y travailler et lorsqu’on lui confie le service d’une très riche cliente américaine, elle se mord les doigts à l’idée d’être démasquée. Heureusement, Lucille est pleine de bonnes intentions et extrêmement travailleuse, son courage et sa détermination finiront par payer.
Ce roman traite de la prise d’initiatives des femmes sous le Second Empire avec crédibilité et un vrai goût du romanesque. Le lecteur a envie de voir Lucilleaccomplir son rêve en montant sa propre affaire. Une fois de plus, on suit le parcours social et professionnel (car il s’agit avant tout de cela dans cette série) de notre héroïne avec un vrai plaisir, grâce notamment au suspens qui imprègne l’intrigue et les descriptions du Paris haussmanien, plus particulièrement ici du monde de l’hôtellerie.
De Cape et de Mots de Flore Vesco

De Cape et de Mots de Flore Vesco

Ces derniers mois, on peut dire que j’ai découvert un certain nombre de (très) bons romans jeunesse et celui-ci ne fait pas exception à la règle ! Il s’agit d’un roman publié récemment chez Didier Jeunesse.


Serine, en dépit de la volonté de sa mère, refuse de se marier. Mais pour sortir ses frères de la pauvreté, elle doit agir. Sa décision est prise : elle sera demoiselle de compagnie ! La tâche s’annonce difficile : la reine est capricieuse, antipathique, et renvoie ses demoiselles aussi souvent qu’elle change de perruque. Mais Serine ne manque pas d’audace et, tour à tour, par maladresse ou génie, se fait une place. Elle découvre alors la face cachée de la cour : les manigances, l’hypocrisie et les intrigues… et tente de déjouer un complot.

Flore Vesco livre ici un premier roman plein d’humour et d’irrévérence qui marque autant par l’originalité et la singularité de son héroïne que par la drôlerie et l’inventivité de son style.
Entre le roman historique, d’aventure, de cape et d’épée et la comédie de mœurs, De Cape et de Mots se révèle être un récit plein de verve et de panache porté par les bons mots et le vocabulaire fleuri de l’héroïne. Serine parvient à déjouer les plans les plus diaboliques des ennemis du Roi tout en essayant tant bien que mal de trouver une place à la cour en tant que demoiselle de compagnie de la Reine. Ce n’est pas gagné pour cette jeune provinciale qui manque d’éducation mais dont l’esprit brillant et affuté fera finalement des merveilles.
Avec un rythme enlevé et haletant, une écriture riche et fantaisiste, le roman nous entraîne dans un univers fantasque dans lequel l’héroïne se tire des situations les plus périlleuses grâce à son humour et son tempérament audacieux. Aussi charmante qu’effrontée, elle usera de calembours, de charades et d’autres jeux de mots pour ravir ses amis et tromper ses ennemis. Aidée d’amis pour le moins inattendus (une jeune lavandière, un petit marmiton mais surtout l’apprenti du bourreau !), Serine sauvera le royaume, s’affirmera telle qu’elle est réellement (n’en déplaise à sa sévère maman), et trouvera l’amour bien évidemment.  Le dénouement est, qui plus est, extrêmement bien amené et satisfaisant pour tout le monde !
Un petit roman intrépide et facétieux et un coup de maître pour ce premier essai de la part de Flore Vesco ! Je la relirai avec plaisir !

Ma note :
luke4