15 bonnes raisons de tomber sous le charme de(s) Gilmore Girls

15 bonnes raisons de tomber sous le charme de(s) Gilmore Girls

Rory, please, put down that cup of coffee. You do not want to grow up to be like your mom.
Sorry, too late.

20 me semblait être trop ambitieux, 10 pas assez, j’ai donc opté pour 15 bonnes raisons de découvrir (ou redécouvrir) cette formidable série, qui fera son retour inattendu très prochainement avec de nouveaux épisodes sur Netflix.

Gilmore Girls est une série américaine diffusée de 2000 à 2006 qui compte 7 saisons et 153 épisodes de 42 min environ.

La série suit les aventures de Lorelai, une mère célibataire, et sa fille, Rory qu’elle a eu à 16 ans. Elles vivent toutes les deux à Stars Hollow, dans le Connecticut. Cette petite ville, peuplée d’habitants  hauts en couleur, se situe à 30 minutes environ de Hartford (la ville d’où Mark Twain est originaire). La critique sociale de la série repose essentiellement sur la relation conflictuelle et complexe qui existe entre Lorelai et ses parents, qui viennent d’un milieu conservateur et privilégié. Lorelai a, en effet, coupé les ponts avec eux et élevé sa fille sans leur aide. Ce qui semble lui avoir plutôt bien réussi, jusqu’au moment où Lorelai a besoin d’une aide financière pour inscrire sa fille, qui est une brillante élève, dans une école très sélect où celle-ci vient d’être acceptée. C’est le point de départ de la série, celui qui permettra à Lorelai de renouer avec sa famille (et avec tous les bouleversements et frustrations que cela implique).

La famille est au cœur du récit mais la série traite également de relations amoureuses, d’amitiés, d’ambition professionnelle, d’accomplissement et d’éducation.

L’intrigue de la série n’a, au premier abord en tous cas, rien de particulièrement original ni d’attrayant. Ce qui compte et fait toute la différence est …

  1. son écriture :

Avec le retour de la série sur Netflix qui se prépare actuellement, j’entends et lis pas mal de choses sur Gilmore Girls. Un article pourtant élogieux qualifiait récemment la série de soap girly. Fan depuis la première heure que je suis, ce genre de raccourci me fait hausser les sourcils. La série n’est ni un soap ni un programme girly. Si je devais la classer dans un genre (tâche bien difficile), je dirais qu’elle s’inscrit plutôt dans la « dramédie », avec une tonalité tout de même plus comique que dramatique. Sa narration est ample, l’évolution des héros lente et minutieuse. Les intrigues reposent sur la peinture du quotidien et sur la relation entre les personnages plus que sur les retournements de situation et le suspens. La série n’use jamais de grosses ficelles (en tous cas pas dans les 5 premières saisons – je préfère nuancer mon propos).

On a parfois l’impression de lire un roman qui toucherait à la comédie de mœurs. Mais la richesse et l’apparente langueur du récit sont contrebalancées par le rythme mitraillette des dialogues. La série est connue et célébrée pour ses scripts aussi épais que des pavés et ses répliques inoubliables et ses réparties cinglantes.

2) Lorelai

Lorelai, c’est l’héroïne qui est au cœur de la série. Une femme résolument moderne mais qui n’est pas sans rappeler les héroïnes pleines de panache et de personnalité des screwball comédies  des années 30/40 du cinéma hollywoodien (genre dont Amy Sherman-Palladino, la créatrice de la série, se réclame franchement). Lorelai, c’est un peu une Rosalind Russell (His Girl Friday) qui se serait perdue dans les années 2000.

Lorelai est une brune piquante, dynamique, pleine d’allant et dont le charme et le pouvoir de séduction résident, comme c’est le cas des héroïnes qui l’ont inspirée, dans sa façon de parler, son humour, son sens de la dérision, son intelligence et sa manière d’appréhender le monde tout simplement. Un esprit vif, parfois une force de la nature mais aussi une jeune femme vulnérable et touchante. Et le fait que Lorelai soit interprétée par Lauren Graham (l’une des meilleures actrices au monde pour moi) ne fait qu’ajouter à son charme !

3) Rory
Afficher l'image d'origineLorsqu’Amy Sherman-Palladino (que je vais dorénavant appeler ASP) travaillait sur les prémices de la série, elle imaginait Rory, la fille de Lorelai, comme une jeune fille de 16 ans bien dans ses baskets. Pas la fille la plus populaire de son école ni la plus exubérante mais une adolescente épanouie, très intéressée par ses études, qui aime passer son temps avec sa meilleure amie Lane ou plongée dans un bon bouquin. Le genre de filles très peu représentée à la télévision, si ce n’est sous la forme très clichée de l’intello un peu coincée et insignifiante. Or, Rory se révèle être une jeune fille attachante, charmante, mais aussi caractérielle et ambivalente, et donc intéressante…

4) Stars Hollow

Afficher l'image d'origineStars Hollow est le décor de la série. Une petite ville du Connecticut avec une ambiance de douce folie et des habitants un brin farfelus qui égaient le quotidien des filles Gilmore. Cette bourgade ne semble rien avoir d’extraordinaire et pourtant … On y organise tout au long de l’année des festivités plus enthousiasmantes les uns que les autres : un  Festival d’Hiver, un marathon de danse, un pique-nique avec la vente aux enchères de paniers, un festival d’art vivant et j’en passe. On a pas le temps de s’ennuyer à Stars Hollow et on s’amuse des facéties des uns et des autres (Sookie et Michel, les collègues de Lorelai, Taylor, le tyrannique mais super motivé conseiller municipal, Miss Patty, la prof de danse un brin dragueuse, Babette, la voisine un peu commère, Gypsy la mécano, ou encore Kirk, l’inimitable Kirk qui a un métier différent à chaque épisode.

A travers Stars Hollow, ASP décrit une petite ville bien ancrée dans ses traditions américaines (qui rappellent un peu l’ambiance des films de Capra et de certaines comédies américaines des années 50) avec fantaisie et un humour fantasque savoureux.

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5) Luke

 

 

Luke, le propriétaire du diner où les filles Gilmore prennent leurs repas régulièrement est un pilier de Stars Hollow et de la série aussi. Luke ne quitte jamais ni sa casquette de base ball à l’envers ni sa chemise de bûcheron et encore moins son air bougon et son humour pince-sans-rire. Sous des dehors peu aimables, Luke cache un cœur d’or et une générosité indéfectible et touchante. Son duo avec Lorelai fait des étincelles et je ne parle même pas de sa relation conflictuelle mais néanmoins tendre avec Jess, son neveu (qui offre, à mon avis, certain des moments les plus hilarants et émouvants de la série)

 

6) Jess

Daniel Palladino, co-créateur de la série et mari d’Amy, s’est inspiré de sa jeunesse et de ses expériences pour créer le personnage de Jess.

Jess, c’est un peu le trouble fêtes, qui débarque dans la saison 2 pour bouleverser l’existence pépère de son oncle Luke et par la même occasion,  le décor idyllique de Stars Hollow, où il fera rapidement figure d’ennemi public n°1. Jess vient de New York, c’est un écorché vif, délaissé par sa mère, abandonné par son père, un jeune homme trop intelligent pour son propre bien et  incompris de la plupart des adultes (qu’il ne respecte pas tellement, il faut bien l’avouer). J’aime ce genre de personnages d’outsider cynique. Quand il apparaît, la série prend tout de suite une autre dimension.

Jess lit plus de livres que n’importe qui d’autre  dans la série (à part Rory et encore). Pour le jeune rebelle insolent et le sweet sad boy qu’il est, les livres représentent un refuge inestimable. J’aime le fait, encore une fois, qu’un personnage puisse se définir – au moins en partie -à travers son amour pour la littérature.

7 ) les livres

Gilmore Girls est la série la plus littéraire que je connaisse. Les livres, les mots, la langue, et la littérature en général y occupent une place extrêmement importante. La série est très écrite, elle joue beaucoup sur le langage. Chaque personnage a une manière bien particulière de s’exprimer et en même temps, on sent que la série a un ton général bien particulier et qui ne ressemble à aucun autre.

ASP a nommé sa société de production « Dorothy Parker drank here » et pour cause, elle semble, dans Gilmore Girls, user d’un humour et d’un esprit très similaires à cet auteur américain.Dorothy_Parker_Drank_Here_Productions

ASP et les filles Gilmore sont curieuses, s’intéressent à l’actualité et se nourrissent constamment de culture pop. La littérature, le cinéma, la télé et la musique ont une place primordiale dans leur univers. Rory est une très grande lectrice, à tel point que le « Rory’s book list« (qui compte pas moins de 339 titres) est devenu un challenge incontournable pour les fans de la série.  De nombreux auteurs – et pas des moindres – sont cités dans la série : Dorothy Parker bien sûr mais aussi Jane Austen, Leon Tolstoï, Virginia Woolf, Ernest Hemingway … Des grands classiques certes mais pas que : Rory lit aussi Expiation d’Ian McEwan le jour de son entrée à l’université, Jess dévore Tom Wolfe sur un banc de Washington Square, discute d’Ayn Rand avec Rory et de la Beat Generation et de Bukowski avec Paris …

Stars Hollow organise même un spectacle autour d’Edgar Allan Poe au cours de la 3ème saison ! Et Norman Mailer fait une apparition tout à fait amusante dans la 5ème !

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Les références n’apparaissent jamais comme des ajouts artificiels à la série, elles coulent de source parce que les héroïnes sont intelligentes et que les scénaristes n’ont pas envie de prendre leurs spectateurs pour des idiots. Certaines références sont évidentes, d’autres plus pointues, invitent forcément à la découverte (Rory conseille à sa mère la pièce de Lillian Hellman, The Children’s Hour, qui a inspiré le film La Rumeur, et j’ai tout de suite eu envie de la lire).

Bref, avec Gilmore Girls, on se divertit, on s’amuse, on s’émeut mais on apprend aussi énormément.

8) la musique

Entre le générique de Carol King, la bande sonore de Sam Phillips, les reprises du troubadour de Stars Hollow, les morceaux du groupe de rock de Lane, la série nous gâte aussi en matière de musique. Et ce n’est pas tout puisque les épisodes sont souvent ponctués de titres savamment choisis par les producteurs et scénaristes de la série :

Voici une petite sélection de mes préférés :

 

 

Je reviendrai plus tard avec la 2nde partie de mon billet, où je parlerai des grands-parents Gilmore, de Paris, d’amooour (parce que dans cette série, on ne peut pas s’empêcher d’être un peu « shipper »), de féminisme et de l’humour si particulier de la série :