Le Bel Antonio de Vitaliano Brancati

Le Bel Antonio de Vitaliano Brancati

18595222Vitaliano Brancanti (1907-1954) fut l’un des plus grands auteurs italiens du XXème siècle. Son roman Le Bel Antonio, adapté à l’écran par Mauro Bolognini avec Marcello Mastroianni et Claudia Cardinale en 1960, est l’une des œuvres les plus marquantes de ce maître du roman satyrique.

Dans cette peinture sans concession de la Sicile de la fin des années 30 / début des années 40, Brancati, fasciste devenu non fasciste, brocarde le régime et le machisme qui oppressent le pays.

A travers lui, l’auteur donne vie à une figure littéraire fascinante, Antonio. Un homme à la beauté à couper le souffle, qui fait la fierté de ses parents, suscite l’admiration et le désir partout il passe et se fait se pâmer toutes les femmes qui ont le bonheur (ou le malheur) de croiser son chemin.

Le début de l’intrigue est presque cocasse. L’irrésistible Antonio, qui a la réputation de mener la grande vie à Rome (traduire par coucher avec tout ce qui bouge, y compris les femmes mariées) est rappelé par ses parents, à Catane, en Sicile, pour épouser la fille du riche notaire, Barbara Puglisi, la plus jolie jeune femme de la ville. C’est un mariage arrangé qui signe le désespoir de toutes les admiratrices éplorées d’Antonio, à commencer par sa voisine de palier qui l’aime éperdument depuis toujours. Antonio, accommodant, accepte cette union avec plaisir, car il est tombé sous le charme de Barbara. Tout semble alors sourire à ce jeune couple qui respire la beauté et la sensualité. Il rayonne de bonheur à la sortie de l’église et est promis à un bonheur sans nuages.

Mais au bout de trois ans d’apparente félicité, le secret d’Antonio est révélé et un acre parfum de scandale met en branle le destin du couple. Le choc est d’ailleurs ressenti par tout Catane comme une éruption de l’Etna. L’abominable vérité éclate, Barbara est toujours vierge, le mariage n’a pas été consommé et peut être annulé. Après le scandale retentissant, vient la disgrâce d’Antonio et avec elle, le désespoir de ses parents (en particulier de son père qui parle alors de malédiction) et la rancœur. Car dans cette société, la valeur d’un homme ne se mesure qu’à sa virilité.

L’auteur livre une critique acerbe du système fasciste et de l’Italie machiste, empêtrée dans ses valeurs archaïques et hypocrites. La peinture des caractères, quoique exigeante, est éblouissante. Drolatique d’abord, puis grave et mélancolique, elle se fait au fur et à mesure plus grinçante. Le style est savoureux, enlevé, piquant et la réflexion sur la société de l’époque d’une grande modernité.

Lu dans le cadre du challenge Instantly Italy du forum WHOOPSY DAISY et en lecture commune avec Titine 🙂

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